Drame shakespearien / Shakespearian drama

1995

gouache, lavis, fusain et pastel sur papier aquarelle
gouache, wash-paint, charcoal crayon and pastel on watercolour paper
65 x 50 cm

Collection privée

Drame shakespearien au tribunal
La juliette et ses Roméo de la campagne Lévêque

"Simon, tu veux que je te ramène à l'Evêque?" Jamais coupable et sa victime n'auront entretenu rapports aussi cordiaux. Surtout que François la victime se promènera désormais avec trois centimètres de fémur en moins et que Simon, le coupable, au bout de ses 73 ans d'existence, vient de se voir infliger 20.000 F de dommages et intérêts et 300.000 F de provision à lui verser.

Le tribunal de la 11e Chambre correctionnelle présidée par X a pourtant été très indulgent puisque Simon a tiré sur François, 20 ans, un coup de fusil de chasse chargé d'une balle à ailettes particulièrement meurtrière puisqu'elle est utilisée pour la chasse au sanglier. Depuis son appartement situé au premier étage du bâtiment de la résidence Campagne Lévêque dans le 15ème arrondissement de Marseille dans lequel il vivait avec sa fille. La balle fracassera le fémur de François.

Mais Simon avait chaque jour et chaque nuit à repousser les assaut de tous les adolescents de la Campagne Lévêque, attirés comme des papillons par les lumières étranges qui émanaient de sa fille, 40 ans, handicapée mentale.

"Il a fallu que je mette des barbelés à sa fenêtre du premier étage pour éviter que les jeunes ne pénètrent dans sa chambre, avoue Simon.

Et cette nuit là, à 2 heures du matin, le 12 octobre 1994, on a sonné à la porte. Exaspéré j'ai pris le fusil pour les faire fuir. Le coup est parti mais je ne voulais pas les atteindre".

Les amours impossible de Juliette et de ses Roméo de banlieue, se sont achevées dans le sang, comme dans Shakespeare.

Et puisque Simon et François n'ont pas les titres de noblesse des Capulets et Montaigus de la tragédie, ils compensent à force de générosité et de modestie. Ils ont comme les héros du drame la dimension humaine et le sens de l'honneur.

Face à ce consensus entre la victime et le coupable, la partie civile, Me Y, l'accusation représentée par le substitut Z et la défense, Me W, se sont rassemblées aussi.

Le premier a réclamé la réparation, le deuxième la mesure et le troisième l'indulgence.

Et François proposera à Simon de le ramener à l'Evêque où la vie se poursuivra, avec sa Juliette vieillissante et égarée derrière la fenêtre aux barbelés, ses Roméo dont l'un claudiquera éternellement dans les allées de la cité et Simon, le jardinier, rêvant de fleurs et de fenêtres ouvertes, dans sa maison de campagne.

Shakespearian drama in the courtroom
Juliette and her Romeo at Campagne L'Évêque

" Simon, do you want me to bring you back to Lévêque? " - Never has a culprit and his victim maintained such a good relationship. Especially when we know that from now on François the victim will stroll with a femur three centimeters shorter than before and that Simon, the culprit, at the end of his 73 years of existence, is setenced to 20.000 F of prejudice and 300.000 F of provision due to Francois.

The courtroom of the 11th Criminal Court chaired by X has nevertheless been very indulgent since they knew that Simon had fired a fatal bullet on François, 20, with a loaded shotgun used for wild boars' hunting. All this from his apartment located on the first floor of residence Campagne Lévêque in the 15th district of Marseilles in which he lived with his daughter. The bullet broke François' femur.

But Simon needed to repel every day and every night the assaults from Campagne Lévêque's teenagers, attracted like butterflies by the strange lights that emanated from his daughter, 40, a mentally handicaped woman.

" It was necessary to put barbed wires on the windows on the first floor so that young people wouldn't be able to come in her bedroom, Simon confesses.

And that night, at 2 am, October 12th 1994, the bell rang. Exasperated I took the shotgun to chase them away. I fired but I did not want to hurt them " -.

Juliette's impossible love with her Romeo from the suburbs, ended in a bloodshed, as in Shakespeare.

And since Simon and François have no titles of nobility like the Capulets and the Montaigus of the tragedy, they compensate by mere generosity and modesty. They have the same human dimension and sense of honor than the heroes of the drama.

Confronted with this agreement between the victim and the culprit, the accused and his counsel, represented by Mr. W and the prosecution represented by the deputy public prosecutor Mr. Z have also gathered.

On one hand there is one asking for justice, and on the other hand one asking for mercy.

In the end François offered to bring back Simon to Lévêque where life will go on, with his Juliette getting old and lost behind her window with barbed wires, with one of her Romeo forever limping in the city's alleys and with Simon, the gardener, dreaming of flowers and opened windows, in his country house.

   

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