Drame shakespearien au
tribunal
La juliette et ses Roméo de la campagne Lévêque
"Simon, tu veux que
je te ramène à l'Evêque?" Jamais coupable et sa
victime n'auront entretenu rapports aussi cordiaux. Surtout que François
la victime se promènera désormais avec trois centimètres
de fémur en moins et que Simon, le coupable, au bout de ses 73
ans d'existence, vient de se voir infliger 20.000 F de dommages et intérêts
et 300.000 F de provision à lui verser.
Le tribunal de la 11e
Chambre correctionnelle présidée par X a pourtant été
très indulgent puisque Simon a tiré sur François,
20 ans, un coup de fusil de chasse chargé d'une balle à
ailettes particulièrement meurtrière puisqu'elle est utilisée
pour la chasse au sanglier. Depuis son appartement situé au premier
étage du bâtiment de la résidence Campagne Lévêque
dans le 15ème arrondissement de Marseille dans lequel il vivait
avec sa fille. La balle fracassera le fémur de François.
Mais Simon avait
chaque jour et chaque nuit à repousser les assaut de tous les
adolescents de la Campagne Lévêque, attirés comme
des papillons par les lumières étranges qui émanaient
de sa fille, 40 ans, handicapée mentale.
"Il a fallu que
je mette des barbelés à sa fenêtre du premier étage
pour éviter que les jeunes ne pénètrent dans sa
chambre, avoue Simon.
Et
cette nuit là, à 2 heures du matin, le 12 octobre 1994,
on a sonné à la porte. Exaspéré j'ai pris
le fusil pour les faire fuir. Le coup est parti mais je ne voulais pas
les atteindre".
Les amours impossible
de Juliette et de ses Roméo de banlieue, se sont achevées
dans le sang, comme dans Shakespeare.
Et puisque Simon
et François n'ont pas les titres de noblesse des Capulets et
Montaigus de la tragédie, ils compensent à force de générosité
et de modestie. Ils ont comme les héros du drame la dimension
humaine et le sens de l'honneur.
Face à
ce consensus entre la victime et le coupable, la partie civile, Me Y,
l'accusation représentée par le substitut Z et la défense,
Me W, se sont rassemblées aussi.
Le premier a réclamé
la réparation, le deuxième la mesure et le troisième
l'indulgence.
Et François
proposera à Simon de le ramener à l'Evêque où
la vie se poursuivra, avec sa Juliette vieillissante et égarée
derrière la fenêtre aux barbelés, ses Roméo
dont l'un claudiquera éternellement dans les allées de
la cité et Simon, le jardinier, rêvant de fleurs et de
fenêtres ouvertes, dans sa maison de campagne. |
Shakespearian
drama in the courtroom
Juliette and her Romeo at Campagne L'Évêque
" Simon, do
you want me to bring you back to Lévêque? "
- Never has a culprit and his victim maintained such a good
relationship. Especially when we know that from now on François
the victim will stroll with a femur three centimeters shorter
than before and that Simon, the culprit, at the end of his 73
years of existence, is setenced to 20.000 F of prejudice and
300.000 F of provision due to Francois.
The courtroom of
the 11th Criminal Court chaired by X has nevertheless been very
indulgent since they knew that Simon had fired a fatal bullet
on François, 20, with a loaded shotgun used for wild
boars' hunting. All this from his apartment located on the first
floor of residence Campagne Lévêque in the 15th
district of Marseilles in which he lived with his daughter.
The bullet broke François' femur.
But Simon needed
to repel every day and every night the assaults from Campagne
Lévêque's teenagers, attracted like butterflies
by the strange lights that emanated from his daughter, 40, a
mentally handicaped woman.
" It was necessary
to put barbed wires on the windows on the first floor so that
young people wouldn't be able to come in her bedroom, Simon
confesses.
And that night,
at 2 am, October 12th 1994, the bell rang. Exasperated I took
the shotgun to chase them away. I fired but I did not want to
hurt them " -.
Juliette's impossible
love with her Romeo from the suburbs, ended in a bloodshed,
as in Shakespeare.
And since Simon
and François have no titles of nobility like the Capulets
and the Montaigus of the tragedy, they compensate by mere generosity
and modesty. They have the same human dimension and sense of
honor than the heroes of the drama.
Confronted with
this agreement between the victim and the culprit, the accused
and his counsel, represented by Mr. W and the prosecution represented
by the deputy public prosecutor Mr. Z have also gathered.
On one hand there
is one asking for justice, and on the other hand one asking
for mercy. In the end François
offered to bring back Simon to Lévêque where life
will go on, with his Juliette getting old and lost behind her
window with barbed wires, with one of her Romeo forever limping
in the city's alleys and with Simon, the gardener, dreaming
of flowers and opened windows, in his country house. |